Soutenance de thèse – Luoyi Yan
- Post by: olivier.pitois
- 12 mars 2026
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Luoyi Yan, doctorante au sein de l’équipe Rhéophysique et Milieux Poreux soutiendra sa thèse « Transport multiphasique de l’eau dans le bois et les réseaux fibreux : investigation expérimentale et modélisation » le mercredi 18 mars à 14h00 dans l’auditorium Bienvenüe, Bâtiment Bienvenüe, 12 boulevard Copernic, 77420 Champs-sur-Marne.
Pour celles et ceux qui souhaitent assister à distance, la soutenance sera accessible via le lien suivant :
Composition du jury :
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M. Emil Engelund THYBRING
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University of Copenhagen
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Rapporteur
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M. Lydéric BOCQUET
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ENS Paris
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Examinateur
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M. Benjamin DOLLET
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LIPhy, Grenoble
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Rapporteur
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M. Hervé COCHARD
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INRAE Clermont-Ferrand
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Examinateur
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Mme Rahima SIDIBOULENOUAR
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Laboratoire Navier
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Examinatrice
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Mme Elisa JULIEN
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Saint-Gobain Research Paris
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Examinatrice
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M. Steven JANSEN
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Institute of Botany,
Ulm University
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Invité
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M. Laurent BROCHARD
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Laboratoire Navier
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Co-directeur de thèse
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M. Philippe COUSSOT
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Laboratoire Navier
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Directeur de thèse
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Résumé de la thèse
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Résumé:
Les interactions entre l’eau et le bois jouent un rôle fondamental à la fois dans la vie des plantes et lors de l’utilisation des matériaux à base de bois. Cependant, en raison de la structure hiérarchique naturelle du bois, ces interactions mettent a priori en jeu des processus multiphasiques et multi-échelles complexes. En outre, le bois peut absorber une fraction significative d’eau sous forme d’eau liée, qui prend la forme d’inclusions nanométriques entre les microfibrilles de cellulose à l’intérieur même des parois cellulaires solides. Les approches standard pour étudier l’imbibition par de l’eau liquide ou la perméation de vapeur dans le bois négligent généralement le rôle de cette eau liée. Cette thèse s’appuie sur la relaxométrie RMN, qui permet de distinguer les différentes phases de l’eau et leurs échanges éventuels au cours du temps, fournissant ainsi des informations clé pour comprendre ces interactions.
Nos résultats montrent d’abord que l’eau liée peut diffuser rapidement tout en restant à l’intérieur de la phase solide du bois. Ainsi, en remplissant les pores du bois avec de l’huile, les coefficients de diffusion intrinsèques ont été déterminés, en fonction de la température, pour différentes essences de bois et différentes directions. Nous montrons ensuite que le transport de l’eau liée joue un rôle majeur dans l’interaction entre l’eau et le bois. En particulier, contrairement à l’idée communément admise, l’imbibition de l’eau liquide dans le bois n’est pas principalement liée à des effets capillaires ; au contraire, les pores se remplissent successivement et par tailles croissantes, uniquement lorsque l’eau liée a suffisamment diffusé dans la phase solide. Enfin, connaissant la diffusivité de l’eau liée dans la phase solide, il est possible de prédire théoriquement la perméabilité à la vapeur du système en prenant en compte sa structure poreuse, sans aucun paramètre de calage. Ce modèle, qui s’avère en très bon accord avec nos données expérimentales pour plusieurs types de bois dans les différentes directions, montre que la perméabilité à la vapeur résulte du couplage entre diffusion d’eau liée dans la phase solide et diffusion de vapeur dans les inclusions.
Abstract:
Interactions between water and wood play a fundamental role both in plant physiology and in the performance of wood-based materials. However, due to the hierarchical structure of wood, these interactions involve complex multiphase and multiscale processes. In addition, wood can absorb a significant amount of water in the form of bound water, which exists as nanometric inclusions between cellulose microfibrils within the solid cell walls. Conventional approaches used to study liquid water imbibition or vapor transport in wood generally neglect the role of this bound water. In this thesis, nuclear magnetic resonance (NMR) relaxometry is used to distinguish between different water phases and to monitor their possible exchanges over time, providing key insights into these interactions.
This work first demonstrates that bound water can diffuse rapidly while remaining within the solid phase of wood. By filling the wood pores with oil, the intrinsic diffusion coefficients of bound water were determined as a function of temperature for different wood species and anatomical directions. We then show that bound water transport plays a central role in water–wood interactions. In particular, contrary to the commonly accepted view that liquid water imbibition is mainly governed by capillary effects, our work reveals that pores fill sequentially, in order of increasing size, only after bound water has sufficiently diffused through the solid phase. Finally, by incorporating the diffusivity of bound water in the solid phase and the porous structure of wood, it is possible to theoretically predict the vapor permeability of the material. The proposed model, which does not contain any fitting parameter, agrees very well with experimental data obtained across wood species and anatomical directions, demonstrating that vapor permeability results from the coupling between bound water diffusion in the solid phase and vapor diffusion within the pore space.
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